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 « One day we won’t feel this pain anymore... » ▬ Elyon

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MessageSujet: « One day we won’t feel this pain anymore... » ▬ Elyon   Lun 18 Nov - 19:38


Elyon Celeste Borealis
ft. Amanda Seyfried
En général, je suis...

Δ NOM : Borealis
Δ PRÉNOM : Elyon, pour l'originalité de son père, Celeste, pour le classicisme de sa mère.
Δ ÂGE : 25 ans, née en 1989.
Δ GROUPE : Dreamwalker, ceux qui croient dur comme fer en leurs rêves les plus chers.
Δ SOUS-GROUPE : Dresseuse, pour devenir la meilleure et leur prouver qu'elle est forte.
Δ PARTICULARITÉS :
susceptible ✗ c'est assez facile à découvrir, si on lui fait une remarque déplacée ou injustifiée, elle a tendance à se braquer, voir à bouder, plusieurs heures, même si elle n'est pas rancunière en général.
ambitieuse ✗ elle a des objectifs, et elle est motivée à les tenir. A les atteindre. Sur ce plan là, on ne peut pas lui dire qu'elle manque d'ambition, au contraire, peut-être.
perdue ✗ il n'y a rien à y faire, poussez la dans ses retranchements et vous découvrirez une enfant complétement perdue qui ne sait plus comment réagir.
courageuse ✗ même si, lorsque ça la touche directement, c'est une froussarde un peu frigide, Elyon est très courageuse lorsqu'il s'agit des autres, elle a le sens du sacrifice, particulièrement s'il s'agit d'elle. Trop, sans doute.
angoissée ✗ elle a quelques troubles psychologiques qu'on lui décèle très facilement, particulièrement une obsession du chiffre cinq. Rien de totalement dérangeant dans son quotidien, mais ça peut facilement lui faire perdre les pédales.
efficace ✗ lorsqu'elle dit qu'elle va faire quelque chose, elle le fait. Elle ne procrastine pas, non, si elle fait une promesse, elle la tiendra, toujours, elle n'a qu'une parole, autant pour les grands évènements que pour les éléments du quotidien.
butée ✗ elle est têtue comme une mule, on ne la fera pas changer, si elle n'a pas envie de parler, vous ne parviendrez pas à la faire changer d'avis, si elle a une idée en tête, c'est cette idée et c'est tout.
généreuse ✗ malgré tous ses défauts, Elyon a le coeur sur la main et sait gâter son entourage, peu importe ce que ça lui coûte.

Voilà mes copains !


Δ STARTER : Salameche
Δ SEXE : Masculin
Δ SURNOM : Five
Δ NIVEAU : 5
Δ NATURE : Brave

Δ PARTICULARITÉS :
Five est sans doute la créature qui, dans ce monde, a réussi à sauver Elyon, à lui redonner confiance mais surtout, à lui donner un objectif dans la vie. C'était un nouvel ami, tombé de nul part, pour combler le manque de toutes les disparitions qu'elle a dû encaisser.
Sinon, même si il est totalement dévoué à elle et qu'il fait tout pour la protéger, il a aussi un fort côté caractériel à ne pas négliger. Comment dire... Five est une diva. Ni plus ni moins.

Derrière l'écran

Δ PRÉNOM/PSEUDO : Astrae
Δ ÂGE : 19 ans
Δ DÉCOUVERTE DU FORUM : Bonne question !
Δ AVIS SUR CELUI-CI : Difficile à monter. (Sans sous entendu)
Δ MOT DE LA FIN : Tabasco.



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Dernière édition par Elyon C. Borealis le Jeu 12 Déc - 1:25, édité 15 fois
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MessageSujet: Re: « One day we won’t feel this pain anymore... » ▬ Elyon   Lun 18 Nov - 19:47


Tout le monde meurt.

Chapitre 1

Tant que tu ne choisis pas tout reste possible.

Toutes les histoires ne sont pas bonnes à entendre. Mais toutes ont du positif, et du négatif. Notre vie se forme de souvenirs, des précieux qu’on n’abandonnerait pour rien au monde, et les autres, y compris ceux qu’on essaye désespérément d’oublier. Mais je suis partisante du fait que toutes les expériences valent la peine d’être vécues, et qu’elles nous font grandir, bonnes ou mauvaises.

Avant de vous parler de moi, il faut que je vous parle un peu de mes parents. Lynn Mary Stuart et Richard Luke Borealis. Deux êtres exceptionnels à mes yeux, il va de soi. Ils ne se sont jamais mariés, ça arrive, et ma mère est tombée enceinte très peu de temps après leur rencontre. Ils s’aimaient énormément, c’était évident, du moins au début, le reste s’est déroulé un peu… Disons, pas comme prévu. Mais rien n’est prévu dans la vie. C’est justement cela qui la rend intéressante. Je suis venue au monde à Lakeshore, et je n’ai jamais connu d’autres endroits que cette ville. Elle était très accueillante, je connaissais beaucoup de gens et avais des amis, peut-être était-ce une des milles raisons pour laquelle jamais je n’aurais décidé de quitter cet endroit.

Lorsque j’étais enfant, alors que je devais avoir cinq ou six ans, nous avons emménagé dans une nouvelle petite banlieue qui a été fondée suite à l’expansion de la ville. Néanmoins, quand j’ai eu l’occasion de visiter de grands villes, je me suis finalement rendu compte que ce qui me paraissait immense n’était qu’un village au regard des autres. Les maisons de la nouvelle allée étaient toutes flambant neuves. Tout ce que de petites familles pouvaient espérer. Et c’est ainsi que j’ai fait la connaissance de mes voisins directs. Lily avait la maison sur la gauche quand on sortait, les volets étaient pourpres et très jolis, c’était une petite brune, une vraie pile électrique qui ne tenait pas en place. Ses parents disaient sans cesse qu’elle était hyperactive et que ça les fatiguaient, mais qu’ils l’aimaient quand même. J’aurais aimé avoir l’énergie de la petite fille, si seulement. De l’autre côté, sur la droite en sortant, habitant dans la maison aux volets couleur vieux bois, il y avait Hunter. Un gamin un peu plus calme, toujours perdu dans ses pensées et très amical. On avait tous à peu près le même âge, et nos parents s’entendaient à merveille, alors on s’est mis à trainer ensemble, fréquentant la même école, passant soirées en soirées dans la maison de l’autre. Je peux vous le dire comme je l’ai toujours pensé : nous trois, on était les meilleurs amis du monde. Un véritable trio infernal qui en faisait voir de toutes les couleurs aux parents.

Lors des vacances d’été qui précédaient notre entrée au collège, nous sommes partis tous ensembles pour faire du camping dans l’Oregon. Ça a été, sur bien des aspects, des vacances hors du commun. Les parents de Lily avaient beaucoup de travail, ils ne nous ont donc pas accompagné. Malgré tout, ils avaient jugés bon et plus simples pour eux qu’elle parte avec nous, de toute façon nous étions inséparables. Lily et Hunter étaient clairement mes meilleurs amis, ce qui me coupait aussi du reste du monde. Mais bon, c’était notre univers, et on l’aimait. Un matin de ces vacances, Hunter m’a réveillée à l’aurore pour qu’on aille pêcher. Lily n’étant pas du matin, il avait jugé bon de la laisser roupiller tranquillement. Et nous étions partis, tous les deux, sur le sentier, à la recherche du lac. C’était magnifique, les couleurs du soleil levant, l’eau qui étincelait, la nature toute entière qui semblait se réveiller, les petits animaux. Mais Hunter ne semblait pas « comme d’habitude », il parlait beaucoup moins, et moins que moins, ça fait vraiment pas beaucoup, il semblait un peu renfrogné, voir distant. Je n’aimais pas beaucoup ça. Certes, lorsque nous étions tous les trois, il parlait peu et passait son temps à écouter, n’osant que peu se confier en sachant que la fouine qu’était Lily était capable de tout balancer à n’importe qui dans un excès de joie – elle avait bon fond, j’en suis persuadée. Seulement voilà, lorsque nous étions tous les deux, en général, il parlait. On riait beaucoup. Et là c’était le calme plat. Alors, inquiète, j’ai finis par lui demander ce qui posait problème. « Est-ce que tu es malade ? T’as avalé ta langue ? » Je me souviendrais toujours du regard perdu qu’il m’a balancé à ce moment-là, et puis il a soupiré, atterré : « Je crois que Lily est amoureuse de moi. » Je sais que ça peut paraître complétement stupide, mais j’ai su à ce moment que quelque chose allait se briser. Et que notre éternelle amitié était susceptible de fondre comme neige au soleil.

C’est lorsque nous sommes rentrés de ces quelques semaines de vacances que ma mère est partie. Je vous dirais bien que je sais comment et pourquoi, mais ce n’est pas le cas. A vrai dire, elle est partie, du jour au lendemain, sans dire un mot, sans laisser de lettre. Rien du tout. Juste un post-it sur le miroir de la chambre de mes parents sur lequel était noté « Prenez-soin de vous. Lynn ».

Tant que tu ne choisis pas, tout reste possible.
C'était sa phrase, à elle. Celle que je retiendrai, toujours.
Je vous mentirai si je vous disais que je n’ai jamais cherché à comprendre ce qui s’était passé. Mais mon père ne semblait réellement pas savoir ou pas vouloir me dire quoi que ce soit. J’avais seulement droit à « ta mère est partie, mais la vie continue… » Pourtant il était triste, ça crevait les yeux. On n’a jamais eu de nouvelles. J’ai eu souvent le droit à des remarques du genre « si ça s’trouve, ton père a tué ta mère et son cadavre est dans ton jardin ! », mais je n’y ai jamais cru. Mes parents avait vécu un amour très vif et passionnel, peut-être avait-elle une double vie et nous étions la deuxième famille. Je ne savais pas. Et j’ai finalement jeté l’éponge pour résoudre ce mystère. Durant toutes les années scolaires qui ont suivi, Hunter a constamment dû gentiment repousser les avances de Lily qui se montrait plus butée que jamais. Et, arrivés au lycée, nous avons pu tous les deux constater qu’elle était déterminée à collectionner les copains. J’imagine que quelque chose avait déjà commencé à se briser avec la jeune fille lorsque j’ai compris la complicité étrange qui était en train de naître entre Hunter et moi. Je pense que dès lors que je l’ai remarqué, j’ai toujours eut des sentiments très fort à son égard. Et je n’ai jamais été capable de les lui cacher. Il était toujours là dans mes coups durs, toujours à me remonter le moral, me faire rire, et j’essayais de lui rendre la pareille dès que j’en avais l’occasion. Mon père m’a toujours dit que si je le pouvais, je ferais mieux d’épouser mon meilleur ami, puisque ce serait lui qui me connaîtrait le mieux. Jusque-là, je n’avais jamais saisi qu’il parlait d’Hunter en particulier, à croire que j’avais passé tout ce temps aveugle.

Malgré mon départ à l’université aux côtés de Lily et Hunter, et la fuite de ma mère, mon père est resté proche des familles voisines, nous étions en quelques sortes une espèce de clan étrange, vous voyez ? Et lorsque la mère de Lily a demandé à mon père s’il pouvait aller chercher leur cadette à l’anniversaire de ses dix-huit ans, en ville, l’été 2011, il a évidemment accepté. Aujourd’hui encore, je regrette de ne pas avoir été là, de ne pas être rentrée quelques jours plus tôt juste pour voir mon père, je serais allée la chercher moi-même… Mais la vie n’est pas faite pour les regrets. Il est parti, j’imagine qu’il faisait nuit noire, c’était début juillet. Il a récupéré la jeune femme dans une boite de nuit, un peu alcoolisée, il a pris soin d’elle et a pris la voiture pour rentrer. J’ignore ce qu’il s’est passé exactement. Je sais juste qu’il y avait une autre voiture, dont le conducteur était ivre. Je sais juste qu’il a percuté la voiture et que mon père n’a pas eu le temps de réagir, que la voiture a fait des tonneaux, et le message vocal de l’hôpital.  « Mademoiselle Borealis, votre père, Richard, est à l’hôpital de Lakeshore, dans un état grave. Essayez de venir au plus vite. » Cette soirée, je la passais avec mes deux meilleurs amis. Et Lily a juste reçu un sms de ses parents, sms qui m’a poussé à consulté mon téléphone. On a pris le premier train, en plein milieu de la nuit, pour débarquer dans la ville de notre enfance, en abandonnant toutes nos affaires. Et on est allés tous les trois, main dans la main, à l’hôpital.

Chapitre 2

Ta seule véritable ennemie c’est toi.

J’ai toujours détesté les hôpitaux. Il y a une odeur qui en dégage que je ne supporte pas. Ça et l’étrange faculté qu’on les gens à sembler vous accorder beaucoup plus d’importance qu’à l’habitude lorsque vous vous retrouvez à l’hôpital. En tout cas, c’est ce que j’ai remarqué, parce que ça ne m’est jamais arrivé, pour le moment. Une fois à l’accueil, c’est Hunter qui a parlé, c’était le seul de nous trois qui était à peu près calme, il a demandé où se trouvait nos familles, il faut dire qu’il a fait ça comme un vrai pro. Et puis, la dame nous a indiqué un étage et un couloir, alors on a filé. D’habitude, je prends toujours les escaliers, j’ai horreur de me sentir oppressée dans une grosse boîte, et j’aime marcher, mais cette fois-ci, j’ai fait une exception, je me souviens qu’avec nous, il y avait une gamine, elle devait avoir dix ans, et elle tenait le truc en métal qui la rattachait à son goutte à goutte, elle avait une barre de chocolat entre les doigts, et la tenait comme s’il s’agissait d’un trésor. Sincèrement, elle avait l’air si heureuse que, l’espace d’un instant, je me suis un peu évadée de la situation merdique dans laquelle on était.

Dans le couloir, il n’y avait personne, au premier abord, mais à peine avons-nous fait quelques pas que la mère de Lily a accouru pour la prendre dans ses bras. Elle était en larmes. Pas des larmes d’inquiétude, non, c’était bien pire que ça. J’ai échangé un regard avec Hunter, mais je savais déjà ce que le père de Lily, qui approchait les mains enfoncées dans ses poches, allait dire. Seulement, la sentence a été difficile à avaler, je ne l’acceptais pas, comme la jeune femme à mes côtés. « Elle est morte. » C’était froid. Froid mais efficace. J’imagine que c’était la façon pour ce père d’accepter la fatalité de cette soirée. Néanmoins, il m’indiqua, d’un signe de tête, la porte entrouverte qui donnait sur la chambre qu’occupait mon père. Et, la main contre celle d’Hunter, je partais en titubant, avant de buter dans le médecin qui en sortait, que mon camarade interrogea du regard. Il répondit simplement d’un signe négatif de la tête, très lent. Trop lent. Hunter a resserré ma main dans la sienne, puis il l’a relâchée, entraînant le médecin un peu plus loin, sûrement pour discuter.

Alors j’ai poussé la porte.

Ta seule véritable ennemie, c'est toi.
C'est ce qu'il me disait, lorsque j'avais peur.
Ce qui m’a le plus choquée, c’était le bip que produisait la machine. Il était agressif et produisait des tremblements chez moi. En plus de cela, il était très lent. Bip. Mon père est là, allongé, il est très blessé, il a des coupures partout où je peux voir, en tout cas, mon dieu… Ce n’est pas lui, ça ne peut pas être lui. Peut-être qu’ils se sont trompés, oui, c’est forcément ça, ce n’était pas lui dans la voiture… Bip. Je n’arrive pas à y croire ! Non, mais, sincèrement, pourquoi il faut toujours que ça me tombe sur la gueule, ce genre de truc ? Ma mère nous a abandonné, et voilà qu’il est là, avec sa putain de courbe de vie qui oscille. C’est pas juste ! J’avais envie d’hurler, envie de tout casser… Bip. Non, je ne veux pas y croire. Le médecin reviens vers moi, j’attrape son bras et je le supplie de sauver mon père, je lui explique que ça n’aurait jamais dû arriver, qu’il ne devait pas prendre la voiture, qu’il n’avait même pas bu, que c’est pas à lui d’être dans ce lit d’hôpital. Mais il ne peut rien y faire. Bip. Le médecin s’éloigne, je me laisse glisser contre la porte de la chambre d’hôpital, ayant du mal à arrêter mes sanglots, la machine ralenti tellement… Hunter essaye d’approcher, de me relever, mais je le repousse, je préfère pleurer contre le mur, c’est tellement plus agréable. J’ai l’impression que le sol entier s’ouvre sous mon corps, j’ai l’impression de sombrer… Biiiiiip... Le médecin s’engouffre dans la chambre, il observe mon père, quelques secondes, laissant la machine sonner, me détruire les tympans, puis il approche et il l’éteint, d’un bouton. Le silence retombe, c’est terrible. Hunter approche, finalement, il sèche mes larmes avec soin avant de m’obliger à me relever, tout ce que je trouve à dire, d’une voix complètement sonnée, ailleurs, c’est : « ramène ta copine orpheline chez elle, d’accord ? ». Je ne sais pas si c’est une blague, mais si c’en est une, je ne suis vraiment pas drôle.

Chapitre 3

Cap ou pas cap de m’aimer ?

C’est à partir de là que les choses se sont vraiment corsées. Sans parler de toute l’administration à faire quand tu dois expliquer aux petites nanas dans leur bureau que oui, ton père est mort et que oui, ta mère t’a abandonné et n’a jamais donné de nouvelles. Non, moi je vous parle de quelque chose de plus dur à affronter que des bureaucrates, je vous parle de la solitude. J’ai toujours eu une peur maladive de la solitude, je vous l’avoue, mais les choses ont beaucoup évolué. J’avais la maison, c’était ce à quoi j’avais le « droit », génial… J’étais complétement seule dans une maison dans un quartier qui grouillait de vie et de familles heureuses. Je vivais à côté la maison de la famille de la jeune femme que mon père avait tuée avec sa voiture. Et mon petit ami était trop occupé pour rester constamment avec moi. Les heures, les jours que je passais entièrement seule, enfermée dans une pièce, dans le noir, prostrée, étaient les pires de toute mon existence. Je devenais paranoïaque. Et si Hunter ne venait pas simplement parce qu’il ne voulait plus de moi ? Et s’il ne venait pas… S’il ne revenait jamais ? Je dormais très peu, j’étais méconnaissable… Mais, surtout, dans ma tête, c’était un no man’s land. La mère d’Hunter passait souvent, j’ignorais si elle venait pour me tenir compagnie ou juste pour s’assurer que je ne m’étais pas tirée une balle, jusqu’à ce qu’elle amène quelqu’un avec elle. Un grand homme. Dans tous les sens du terme, je pense…

C’était un psychologue, ou un psychiatre, je ne sais plus. Ça m’est égal. Je sais juste que normalement, les gens comme « ça » ne se déplacent pas, ils attendent sagement que tu bouges tes fesses et que tu prouves que tu veux aller mieux, mais je n’avais pas la force de bouger, elle m’avait quitté, avec tout le reste. Et j’étais restée près d’une heure à le fixer, dans un état si déplorable qu’on aurait dit que j’étais été retenue en otage durant des mois. J’étais en otage, dans ma propre tête. Il a pris une chaise, s’est installé près de moi, et il a commencé à parler. Jusqu’ici, les autres n’avaient fait que m’apitoyer, et je ne le supportais plus, mais il a fait quelque chose de différent, il m’a vu comme une femme, comme une être humain, comme une vivante, comme un être au grand potentiel, il m’a redonné espoir en la vie. Il a aussi commencé à me soigner du trouble compulsif que j’avais développé avec le chiffre cinq, il rythmait ma vie, tout le temps. Je me lavais cinq fois par jour, si j’avais mangé, je l’aurais probablement fait cinq fois aussi, je vérifiais cinq fois que j’avais fermé la porte à clef, et la liste est longue… Il a cherché, l’origine de ce trouble, non seulement c’était les cinq bip de la machine qui m’avaient séparé de mon père, mais aussi les cinq mots de ma mère sur le papier jaune… je ne me rappelle même plus quel était le nom de l’homme, tout ce que je sais, c’est qu’au fil du temps, il a su me redonner envie de vivre.

Mais alors que je regagnais doucement le souffle de vie qui m’avait quitté, du jour au lendemain, je ne voyais pas que derrière mon dos, Hunter s’était chargé d’une mission bien différente. Il devait supporter, chaque jour, les lamentations de Lily à mon sujet, elle me critiquait, elle le montait contre moi, elle détruisait tout ce qu’on avait construit lui et moi. Si j’avais su… Si j’avais su qu’il ne faisait que semblant d’y croire, qu’il ne faisait que semblant de se faire embobiner, qu’il essayait simplement de lui redonner confiance en lui, pour la toucher de plus belle… Mais le coup a été dur à avalé lorsqu’il est venu me voir, un samedi matin, alors que j’avais nettoyé toute la maison, que j’avais pris soin de me faire belle pour lui, d’être souriante et présentable, il avait l’air si heureux de me voir comme ça… Jusqu’à ce qu’il prenne ma main dans la sienne, qu’il baisse les yeux et qu’il murmure, lentement : « On ne pas rester ensemble, Elyon… »

Cap ou pas cap de m'aimer ?
De m'aider, de me sauver. Il avait dit cap.
Je n’ai pas compris, je n’ai pas compris qu’il s’agissait de son plan pour se mettre Lily dans la poche, je n’ai pas compris qu’il cherchait juste à rendre les choses plus réelles, je l’ai regardé sans comprendre, sans répondre, complétement paumée à essayer de décrypter ses expressions faciales, qui ont toujours été une énigme pour moi. A part ses sourires, ses sourires sont clairs comme de l’eau de roche, quand il sourit, il respire le bonheur, et je chéris encore aujourd’hui tous les instants où j’ai pu le voir sourire… « Je ne peux pas faire autrement, je suis tellement désolé… » Il s’est levé, et il est partit, il m’a laissée, à nouveau. Seule avec moi-même. Il m’a tiré dessus alors que j’essayais tout juste de reprendre mon envol…

Chapitre 4

L’espoir est la seule chose plus forte que la peur.

Elyon vous a raconté sa vie, jusque-là. C’est à moi de continuer à présent. Vous êtes au courant, je ne suis plus de ce monde. Je suis, ou plutôt j’étais, Richard, son père. Je dois avouer que j’avais espéré bien des choses pour mon existence, pour ma vie, durant mon enfance, mais jamais je n’ai pu imaginer avoir une enfant aussi extraordinaire. Je sais que je ne dois pas vous parler de moi, et je vais m’appliquer à respecter cela. Ainsi à nouveau célibataire, seule, Elyon a pourtant résisté à sombrer une nouvelle fois. Ce n’est pas seulement parce qu’elle était empreinte d’une nouvelle force, d’une nouvelle envie de vivre, mais parce que quelque chose dans l’univers venait de se déclencher, quelque chose qui allait changer sa vie, bien sûr, mais aussi la vie de toute une population, de toute une génération. L’apparition des pokemons… L’orage, à Lakeshore. Il faut dire qu’Elyon avait peur de beaucoup de choses, de l’orage, entre autre, mais ce soir-là, elle n’avait pas peur. Elle était à la maison, elle était en train de nettoyer, de faire le vide, de dépoussiérer, prête à reprendre toute sa vie en main. Prête à marcher à nouveau, ou peut-être à courir. Déterminée, aussi, à retrouver Hunter pour lui dire qu’il ne pouvait pas la larguer comme ça, pas après tout ce qu’ils avaient vécu.

Mais. Si, dans ce monde, il y a quelque chose qu’on appelle, très communément, le « destin » celui-ci en a voulu autrement. Pendant l’orage, il n’a pas plu. Cependant, peu après, c’était des torrents d’eau qui déferlaient sur la ville tout entière, et Elyon a toujours beaucoup aimé la pluie, bien qu’elle ait une peur panique de nager et de l’océan. (On pardonne son illogisme…) Elle sortit donc dans le jardin, malgré la pluie battante, pour poser des cartons entiers de souvenirs dans le garage, accessible uniquement depuis ce coin de verdure. Seulement, au bout du troisième aller-retour, Elyon remarqua quelque chose d’inhabituel. Une lumière étrange, blottie contre un mur qui séparait la maison avec celle de la famille de Lily, sous le grand pommier. Alors elle approcha. Et, c’est le pas qu’elle fit dans sa direction qui changea sa vie, j’en suis persuadé…

L’espoir est la seule chose plus forte que la peur.
L’espoir de voir sa vie prendre un nouveau tournant, voilà ce qu’Elyon m’a toujours dit.
Mais ce n’est pas que ce qu’elle disait. Non. Elyon a toujours cru qu’un jour quelqu’un tomberait dans le jardin pour qu’elle vive, enfin, sa grande aventure. C’était sans doute sa manie de dévorer livres sur livres, mais Elyon a toujours eut l’esprit romancier. Ainsi, elle et son imagination débordante rythmaient ma vie et me faisaient rêver. Mon dieu, qu’elle me manque aujourd’hui… Mais trêve d’apitoiement. Alors qu’elle approchait de la lumière, une forme orangée se faisait de plus marquée dans la pénombre, une forme qui n’avait rien à faire dans le jardin, voire même une forme qui n’avait tout bonnement rien à faire dans ce monde, en réalité. La petite créature releva les yeux vers elle et lâcha un petit son étrange, un petit cri qui ressemblait à s’y méprendre à un appel à l’aide, ce piaillement caractéristique qu’elle avait cru lancer au monde, quelques semaines plus tôt… Alors elle l’attrapa dans ses bras, protégeant l’étrange flamme au bout de ce qui semblait être sa queue et courra jusqu’à l’intérieur de la maison.

Elle resta à son chevet toute la nuit. Elle resta, inquiète, pour s’assurer que la flamme ne faiblissait pas d’avantage. Elle était sûre de n’avoir jamais vu une telle espèce animale, et, en allumant la télévision le lendemain, l’info était dans tous les journaux télévisés. Un flash spécial, une nouvelle énigme qui tombait sur le monde, comme un coup de massue, ils étaient sortis de nulle part, et l’un d’entre eux avait atterrit dans le jardin… A la télévision, ils parlaient tantôt d’une menace, tantôt d’un miracle, ou quelque chose de ce genre. Néanmoins, plus la jeune femme observait la petite créature recroquevillée sur elle-même, moins elle arrivait à la voir comme une menace. Etait-ce un genre de nouvelle espèce animale arrivée d’ailleurs ? Une espèce extraterrestre ? Une bénédiction, une malédiction ? Elle ne savait pas, elle n’avait pas de réponses à toutes les questions qui se bousculaient dans sa tête, et j’aurais aimé pouvoir l’aider mais même si j’avais été encore à ses côtés, je n’aurais pas été d’une grande utilité.

Mais, de la même façon dont j’avais accueilli, Lynn, sa mère, dans ma vie, vingt-cinq ans plus tôt, Elyon décida d’accueillir son nouvel ami pour lui offrir un toit, de la nourriture, mais aussi de l’amitié, du soutien. C’était difficile de dire s’il était tombé à pic pour la sauver ou le contraire, mais nul doute que de l’un ou de l’autre des côtés, Elyon et Five (ainsi nommé par la jeune femme) s’étaient sauvés l’un l’autre. Et, pour revenir sur la mère d’Elyon, il me faut tout de même vous dire que son départ avait quelque chose de beaucoup plus superficiel. J’ai toujours su que Lynn avait une double vie, et que nous n’étions pas la prioritaire, légalement parlant, elle était apparu dans ma vie sans que je comprenne vraiment, c’était quelque chose comme le coup de foudre, quelque chose à quoi on ne comprend rien. Et, lorsqu’elle a disparu, elle est seulement partie pour les rejoindre, c’est moi qui l’ai convaincue de laisser un mot, même si elle pensait que ce serait plus difficile pour Elyon, cependant… Maintenant, je pense que les choses risquent fortement de se compliquer, avec Elyon qui a mis de l’argent de côté pour partir dans son aventure pokemon, à travers la région, elle et sa poisse (et Five !) risquent bien de rencontrer un membre de sa famille, enfin, son autre famille. Et s’il y a quelque chose qu’on a cessé de me rappeler, toute au long de la croissance de ma très chère enfant, c’est qu’elle avait énormément de traits de sa mère…



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